Les théories d'apprentissage
A travers mes lectures sur les théories d’apprentissage, le
behaviorisme en référence avec les travaux de Watson et de Skinner, le constructivisme
développé Piaget en s'opposant au behaviorisme, le
socioconstructivisme en référence à Vygotski et Bruner et le connectivisme avancé
par Siemens, il me semble que je commence à comprendre ce qui passe lors du
processus d'apprentissage. Cette occasion de recule sur mes pratiques me laisse
se questionner sur les scénarios pédagogiques qui font sens avec les objectifs
visés dans ma discipline à l’ère du numérique.
Le béhaviorisme est une théorie de
l'apprentissage qui s'intéresse à l'étude des comportements observable sans
faire appel à des mécanismes internes au cerveau ou à des processus mentaux non
directement observables (Good et Brophy, 1995).
Pour les cognitivistes, l'apprenant est un
système actif de traitement de l'information, l’apprenant perçoit des
informations provenant du monde extérieur, il les reconnaît, les mémorise, et lorsqu'il
en a besoin pour comprendre son environnement ou résoudre des problèmes, il récupère
ses connaissances de sa mémoire (Bibeau, 1996). Quant à l'enseignant, le gestionnaire
des apprentissages, il guide, anime, conseille, explique, ajuste, et remédie. L'enseignant
cognitiviste sera invité à utiliser des technologies favorisant l’interactivité
avec les apprenants. Cependant, la limite de ce modèle cognitiviste consiste au
fait qu'un matériel bien structuré reste insuffisant pour assurer un
apprentissage si les apprenants ne sont pas motivés.
Le constructivisme
construit un cadre de référence, proposant une hypothèse à propos de la
construction et du développement des connaissances par les personnes. Le
constructivisme considère que la connaissance résulte de l’interaction entre le
sujet connaissant et l’objet de connaissances. La connaissance est le résultat
d’une action ou série d’actions, cette dernière converge vers un objectif et
l’objectif représente une structure construite soit par des réflexes innés soit
à partir des expériences de l’objet connaissant. Il s’agit alors de se
construire, à travers les actions et les connaissances antérieures, les
différents chemins pouvant amener aux buts fixés. Le sujet connaissant
construit sa connaissance. Ce modèle favorise aussi le développement des
problèmes assistés par ordinateur (Da Costa, 2014).
Le Socio-constructivisme,
avancé par Vygotsky, reprend les principales idées du constructivisme de
Piaget en y ajoutant le rôle social des apprentissages. Dans ce modèle, l'apprentissage
est l'acquisition de connaissances résultant des échanges entre l'enseignant et
les apprenants ou grâce aux interactions entre les apprenants (Doise &
Mugny, 1981). Selon ce modèle, les apprentissages doivent être comprises dans
leur zone proximale de développement, cette zone est définie par l’enseignant afin
de donner des exercices appropriés, cette zone augmente le potentiel à
apprendre plus efficacement (Vygotsky, 1980).
Avec l'évolution des technologies et de son
utilisation dans l’enseignement, une nouvelle approche éducative est développée
par George Siemens et Stephen Downes, le connectivisme (Siemens, 2005). « Le
connectivisme est la somme de principes issus de la théorie du chaos, des
réseaux, de l'auto-organisation et de la complexité » Siemens (2005). L'apprentissage
relie des nœuds et des sources d’information, la connaissance réside dans la
diversité des opinions. L'apprentissage est le processus de connexions, connexions
neuronales, connexions entre les hommes, les ordinateurs et l'interconnexion
entre les différents champs de savoirs (Siemens, 2005), des connexions entretenues
afin faciliter l'apprentissage continu. « Le connectivisme est motivé par
la compréhension du fait que les prises de décision sont fondées sur des bases
qui se modifient rapidement. De nouvelles informations sont constamment
acquises. La capacité d'établir des distinctions entre l'information importante
et sans importance est vitale. La capacité de reconnaître quand de nouvelles
informations modifient le paysage en fonction des décisions prises hier est
également critique. » Siemens (2005).
A l’instar de Hill (1977), les théories de
l'apprentissage fournissent un cadre conceptuel pour l'interprétation de ce que
nous observons et offrent des orientations pour trouver des solutions des
problèmes que nous rencontrons. Toutefois, chaque courant dispose de forces
mais aussi de limites. Certains procédés pédagogiques ne conviennent pas à
certains contenus disciplinaires, ou que certains contenus disciplinaires ne
s’accommodent pas de certaines approches pédagogiques Marquet P. (2005). L’enseignant
dispose d'une certaine autonomie dans ses choix pédagogiques. Mais il faut se
donner les moyens d’un choix adéquat.
Je reste un apprenant qui cherche à développer
ses compétences professionnelles dans le but d’une amélioration de l’apprentissage
de ces étudiants.
Références
bibliographiques
Bruner, J. S. & Bonin, Y. (1996). L'éducation, entrée dans la
culture : les problèmes de l'école à la lumière de la psychologie
culturelle. Retz.
Cantin, J. (2011). L'évolution de l'apprentissage à travers le
temps." YouTube. 14 avril 2011. https://www.youtube.com/watch?v=Cs-xsvvtEZA.
Da Costa, J. (2014). BPMN 2.0 pour la modélisation et
l'implémentation de dispositifs pédagogiques orientés processus (Doctoral
dissertation, University of Geneva).
Doise, W. & Mugny, G. (1981). Le développement social de
l'intelligence (Vol. 1). Paris : InterEditions.
Good, T. et Brophy, J. (1995). Educational Psychology : A
Realistic Approach, 4e éd., New York : Longman.
Jonnaert, P. (2002). Compétences et socioconstructivisme.
Bruxelles : DeBoeck.
Marquet P. (2005). Lorsque le développement des TIC et l’évolution des théories de l’apprentissage se croisent, Savoirs, 3 (9). URL : http://www.cairn.info/revue-savoirs-2005-3-page-105.htm.
Piaget, J. (1975). L'équilibration des structures cognitives. Paris, PUF.
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Siemens, G. (2005). Connectivism : A learning theory for the
digital age. International journal of instructional technology and distance
learning, 2(1).
Verhagen, P. (2006). Connectivism : A new learning theory. Surf
e-learning themasite, 11.
Vygotsky, L. S. (1980). Mind in society : The development of
higher psychological processes. Harvard university press.
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