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samedi 10 décembre 2016

Les théories d'apprentissage


Les théories d'apprentissage

A travers mes lectures sur les théories d’apprentissage, le behaviorisme en référence avec les travaux de Watson et de Skinner, le constructivisme développé Piaget en s'opposant au behaviorisme, le socioconstructivisme en référence à Vygotski et Bruner et le connectivisme avancé par Siemens, il me semble que je commence à comprendre ce qui passe lors du processus d'apprentissage. Cette occasion de recule sur mes pratiques me laisse se questionner sur les scénarios pédagogiques qui font sens avec les objectifs visés dans ma discipline à l’ère du numérique.

Le béhaviorisme est une théorie de l'apprentissage qui s'intéresse à l'étude des comportements observable sans faire appel à des mécanismes internes au cerveau ou à des processus mentaux non directement observables (Good et Brophy, 1995).

Pour les cognitivistes, l'apprenant est un système actif de traitement de l'information, l’apprenant perçoit des informations provenant du monde extérieur, il les reconnaît, les mémorise, et lorsqu'il en a besoin pour comprendre son environnement ou résoudre des problèmes, il récupère ses connaissances de sa mémoire (Bibeau, 1996). Quant à l'enseignant, le gestionnaire des apprentissages, il guide, anime, conseille, explique, ajuste, et remédie. L'enseignant cognitiviste sera invité à utiliser des technologies favorisant l’interactivité avec les apprenants. Cependant, la limite de ce modèle cognitiviste consiste au fait qu'un matériel bien structuré reste insuffisant pour assurer un apprentissage si les apprenants ne sont pas motivés.

Le constructivisme construit un cadre de référence, proposant une hypothèse à propos de la construction et du développement des connaissances par les personnes. Le constructivisme considère que la connaissance résulte de l’interaction entre le sujet connaissant et l’objet de connaissances. La connaissance est le résultat d’une action ou série d’actions, cette dernière converge vers un objectif et l’objectif représente une structure construite soit par des réflexes innés soit à partir des expériences de l’objet connaissant. Il s’agit alors de se construire, à travers les actions et les connaissances antérieures, les différents chemins pouvant amener aux buts fixés. Le sujet connaissant construit sa connaissance. Ce modèle favorise aussi le développement des problèmes assistés par ordinateur (Da Costa, 2014).

Le Socio-constructivisme, avancé par Vygotsky, reprend les principales idées du constructivisme de Piaget en y ajoutant le rôle social des apprentissages. Dans ce modèle, l'apprentissage est l'acquisition de connaissances résultant des échanges entre l'enseignant et les apprenants ou grâce aux interactions entre les apprenants (Doise & Mugny, 1981). Selon ce modèle, les apprentissages doivent être comprises dans leur zone proximale de développement, cette zone est définie par l’enseignant afin de donner des exercices appropriés, cette zone augmente le potentiel à apprendre plus efficacement (Vygotsky, 1980).

Avec l'évolution des technologies et de son utilisation dans l’enseignement, une nouvelle approche éducative est développée par George Siemens et Stephen Downes, le connectivisme (Siemens, 2005). « Le connectivisme est la somme de principes issus de la théorie du chaos, des réseaux, de l'auto-organisation et de la complexité » Siemens (2005). L'apprentissage relie des nœuds et des sources d’information, la connaissance réside dans la diversité des opinions. L'apprentissage est le processus de connexions, connexions neuronales, connexions entre les hommes, les ordinateurs et l'interconnexion entre les différents champs de savoirs (Siemens, 2005), des connexions entretenues afin faciliter l'apprentissage continu. « Le connectivisme est motivé par la compréhension du fait que les prises de décision sont fondées sur des bases qui se modifient rapidement. De nouvelles informations sont constamment acquises. La capacité d'établir des distinctions entre l'information importante et sans importance est vitale. La capacité de reconnaître quand de nouvelles informations modifient le paysage en fonction des décisions prises hier est également critique. » Siemens  (2005).

A l’instar de Hill (1977), les théories de l'apprentissage fournissent un cadre conceptuel pour l'interprétation de ce que nous observons et offrent des orientations pour trouver des solutions des problèmes que nous rencontrons. Toutefois, chaque courant dispose de forces mais aussi de limites. Certains procédés pédagogiques ne conviennent pas à certains contenus disciplinaires, ou que certains contenus disciplinaires ne s’accommodent pas de certaines approches pédagogiques Marquet P. (2005). L’enseignant dispose d'une certaine autonomie dans ses choix pédagogiques. Mais il faut se donner les moyens d’un choix adéquat.

Je reste un apprenant qui cherche à développer ses compétences professionnelles dans le but d’une amélioration de l’apprentissage de ces étudiants.  

Références bibliographiques

Bruner, J. S. & Bonin, Y. (1996). L'éducation, entrée dans la culture : les problèmes de l'école à la lumière de la psychologie culturelle. Retz.

Cantin, J. (2011). L'évolution de l'apprentissage à travers le temps." YouTube. 14 avril 2011. https://www.youtube.com/watch?v=Cs-xsvvtEZA.

Da Costa, J. (2014). BPMN 2.0 pour la modélisation et l'implémentation de dispositifs pédagogiques orientés processus (Doctoral dissertation, University of Geneva).

Doise, W. & Mugny, G. (1981). Le développement social de l'intelligence (Vol. 1). Paris : InterEditions.

Good, T. et Brophy, J. (1995). Educational Psychology : A Realistic Approach, 4e éd., New York : Longman.

Jonnaert, P. (2002). Compétences et socioconstructivisme. Bruxelles : DeBoeck.


Ménard, L. et  St-Pierre, L. (2014). Se former à la pédagogie de l’enseignement supérieur. AQPC. Collection Performa
Marquet P. (2005). Lorsque le développement des TIC et l’évolution des théories de l’apprentissage se croisent, Savoirs, 3 (9). URL : http://www.cairn.info/revue-savoirs-2005-3-page-105.htm.
Piaget, J. (1975). L'équilibration des structures cognitives. Paris, PUF.

Siemens, G. (2005). Connectivism : A learning theory for the digital age. International journal of instructional technology and distance learning, 2(1).

Verhagen, P. (2006). Connectivism : A new learning theory. Surf e-learning themasite, 11.

Vygotsky, L. S. (1980). Mind in society : The development of higher psychological processes. Harvard university press.

 

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