Le tutorat permet de « briser la
glace », de favoriser une perception positive du tuteur et de faciliter les
contacts ultérieurs (Poellhuber et al., 2011).
Le tutorat semble avoir un impact sur la persévérance des
apprenants, toutefois, est-ce que l’ensemble arrive à en bénéficier au même
degré ?
Hubert (2015) confirme
que les élèves ayant le plus besoin du soutien de leur tuteur ne semblent pas
bénéficier de ces interventions. En effet, plusieurs se dirigent vers leur entourage,
famille et amis pour chercher l’accompagnement et le soutien cognitif, l’aide à
réaliser les activités scolaires. Cependant, ceux qui bénéficient du tutorat
individualisé sont moins enclins à abandonner les formations à distance.
Le tutorat consiste à apporter de l’aide aux apprenants, à connaître l’environnement (Sauvé
et al., 2006 ; Paquette, 2001 ;
Bertrand et al., 1994 ; Baudrit, 1999, cités
dans Berrouk et Jaillet,
2013). Dans ce contexte, l’étudiant est accompagné afin de se
familiariser progressivement à la vie estudiantine (Sauvé et al., 2006 ; Kember, 1990 ;
Sweet, 1986, cités dans Berrouk et Jaillet, 2013) : savoir répartir les tâches, bien planifier son apprentissage, bien gérer
son temps (Mason, 1991 ; Daele et Docq, 2002 ; Berge, 1995 ; Quintin,
2008, cités dans Berrouk et Jaillet, 2013). Aussi, le tuteur peut donner des conseils, inciter et aider au développement des habilités
au travail de groupe, (Daele et Docq, 2002 ; Denis, 2003, cités dans Berrouk et Jaillet,
2013), comme il assure une intégration du groupe, en favorisant la
création d’un sentiment d’appartenance. Le tuteur favorise l’interaction au
sein du groupe, il fait participer les étudiants en formation à distance à la
pratique pédagogique adoptée, en effet, le dialogue au sein du tutorat améliore la compréhension des savoirs par l’étudiant (Moore,
1993). Le tuteur responsable des
évaluations stimule l’intérêt de l’apprenant et encourage ses progrès dans
l’acquis des nouvelles connaissances (Abrioux, 1985).
D’ailleurs, certains travaux soulignent
que le faible soutien de la part du
tuteur explique à lui seul l’échec de l’apprenant, l’échec est de la responsabilité
de tuteur. « Par la place que lui confère le dispositif, il se voit comme
étant celui qui peut par le soutien ou non qu’il apporte à l’apprenant en
difficulté, celui qui va endosser la responsabilité de l’échec. » Berrouk et Jaillet, (2017).
Dans le but de faciliter l’apprentissage et augmenter la
persévérance des apprenants, le tuteur doit être en interaction avec les
étudiants, et s’assurer d’une continuité cohérente dans le processus
d’apprentissage. Être créative dans la pratique avec des situations concrètes,
et vivre l’expérience avec les étudiants dans une dimension horizontale, permet
de minimiser l’écart étudiant-enseignant et incite l’étudiant à s’engager dans
son apprentissage.
La collaboration créée avec l’échange d’idées entre les
étudiants, et le questionnement multidirectionnel entre tuteur et étudiant
favorise le succès du modèle d’apprentissage (Louisse et Lise, 2014). La relation pédagogique est au cœur de la
profession tutoriale, elle a un impact indéniable sur la réussite de
l’apprenant dans son apprentissage. selon Chassé, (2006), la nature de la
relation pédagogique affecte le développement affectif et cognitif des
apprenants en générant des retombées positives. Elle favorise l’engagement des
étudiants dans le suivi des cours (Kozanitis, Desbiens et Chouinard, 2008, cité
dans Kozanitis, 2015). De même, une relation pédagogique bénéfique contribue à
la motivation des étudiants dans la réalisation des travaux demandés (Kozanitis
et Chouinard, 2009).
Dans l’ensemble, le tutorat individualisé et une relation pédagogique positive
contribuent à augmenter la réussite scolaire et à diminuer le ressentiment des
étudiants.
Kubanek et Waller (1994) affirment que ces facteurs favorisent l’apprentissage
et la persévérance scolaires quel que soit l’âge des étudiants. Toutefois,
comme le mentionne (Kozanitis, 2015), une relation pédagogique positive
favorise la création d’un climat propice à l’apprentissage mais ne garantit pas
à elle seule le développement des étudiants, mais à condition qu’elle soit
assimilée à un cours bien structuré. Par ailleurs, la combinaison pertinente
des différentes composantes d’un cours qui favorise une meilleure efficacité.
Références bibliographiques :
Abrioux, D. 1985. Les formules d’encadrement.
Le savoir à domicile, Québec, Presses de l’Université du Québec et
Télé-université, 179-203.
Berrouk, S. et Jaillet A. (2013). Les fonctions
tutorales : pour un déséquilibre dynamique. Online tutoring features: for
a dynamic imbalance. Distance et Médiations des Savoirs, 2, 2013. https://dms.revues.org/206.
Berrouk, S. et Jaillet A. (2017). Les représentations
des tuteurs en FAD à l’égard de leurs pratiques et de leurs fonctions tutorales.
Distance et Médiations des Savoirs, 17, 2017. https://dms.revues.org/1795.
Chassé, E. (2006). L’enseignement :
un métier de relations, Pédagogie collégiale, vol. 20, no 1, automne 2006, p.
25-31 [cvm.qc.ca/aqpc/AQPC%201987-2007/PDF/ Volume%2020/20%281%29/Chasse.pdf].
Hubert, B. (2015). Le tutorat au secondaire : Un soutien
pour tous les élèves. La collaboration au service du tutorat. le cadre
de référence. http://3symposium.ctreq.qc.ca/wp-content/uploads/2016/04/Cadre-de-reference_tutorat_CSDGS.pdf.
Kozanitis, A.(2015). Une alliée
vitale pour la création d’un climat de classe propice à la motivation et à
l’apprentissage. Pédagogie collégiale vol. 28, no 4 été 2015.
Kubanek, A.-M. et Waller, M. (1995).
Une question de relation », Pédagogie collégiale, vol. 8, no 4, mai 1995, p.
23-27 [cdc.qc.ca/ped_coll/pdf/kubanek_waller_08_4. pdf].
Louisse , M. et Lise, S. P. (2014),
Se former à la pédagogie de l’enseignement supérieur. Montréal : AQPC.
Collection Performa.
Moore, M. G. (2013). The Theory of
Transactional Distance. Dans M. G. Moore (dir.), Handbook of Distance Education
(p. 66-85). New York: Routledge.
Poellhuber, B. Chomienne M. et Karsenti,
T. (2011). L’effet du tutorat individuel sur le sentiment d’auto-efficacité et
la persévérance en formation à distance. Revue des sciences de l’éducation, Numéro 3,
2011, p. 569–593. URI http://id.erudit.org/iderudit/1014758ar.
DOI 10.7202/1014758ar
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