L'apprentissage et l'alignement pédagogique dans l'enseignement des méthodes quantitatives
Rendre
mes étudiants actifs et de les engager dans l’apprentissage des méthodes
quantitatives, un apprentissage en profondeur et non en surface, reste un défi mais
atteignable. Comment et pourquoi ?
Comme le souligne Poumay (2014) « l’étudiant s’engagera
difficilement dans des dispositifs dont il ne perçoit pas immédiatement
l’intérêt » pour y remédier et intéresser mes étudiants de la valeur et de
l’utilité des méthodes quantitatives, je suggéré de produire une capsule vidéo qui
présente des exemples de question de recherche étudiée avec des analyses statistiques,
cette capsule est déposée sur la plateforme avant le début du cours. À la
première séance, je soulève l’importance des outils développés durant la
formation : Les notions de statistiques et de
probabilité sont essentielles pour entreprendre des études universitaires dans le
programme. La statistique est fréquemment utilisée pour comprendre la nature
des choses. De cette façon l’étudiant souligne l’intérêt de ces apprentissages
pour ces études universitaires que pour sa vie professionnelle.
Cet
intérêt sera mieux senti en travaillant le plus des études de cas, résolutions de problèmes, projets, etc. Sauf que, faute de temps, les enseignants adoptent l’approche
traditionnelle, et présente le cours sous forme magistrale. Toutefois, utiliser
les technologies de l’information et de la communication dans le cadre d’une
innovation pédagogique permet de dégager du temps. Ce dernier sera exploité
pour augmenter l’activité de l’étudiant (Biggs, 1987) afin d’optimiser
son apprentissage.
A
cet effet, il sera plus judicieux d’adopter une pédagogie inversée ou l’enseignement
hybride, afin de dégager plus de temps, qui sera consacré à l’application permettant
un approfondissement des connaissances. L'enseignement des méthodes quantitatives se basent sur des applications, qui plus sont concrètes, plus elles motivent et engagent l'apprenant dans son apprentissage.
« Dans
une approche en profondeur, les étudiants élaborent et organisent leurs connaissances,
éprouvent le besoin de faire du sens avec les informations, ont une forte
implication affective et utilisent davantage les ressources pour apprendre »
Marcel (2010).
Pour favoriser la réussite de mes étudiants,
la planification de l’apprentissage des notions permettant d’acquérir les
compétences visées doit être en cohérence avec l’évaluation de la maîtrise des
savoirs. J’aligne les objectifs d’apprentissage,
les activités pédagogiques et les stratégies d’évaluation de mon cours (Poumay, 2014, ).
Dans un premier temps, Je développe les compétences visées dans le cours :
Appliquer des outils statistiques avancés, fondés sur la théorique des probabilités, à la prise de décision dans des contextes d'études en sciences humaines;
· Utiliser les technologies de traitement de l’information appropriées;
· Utiliser des méthodes de travail et de recherche nécessaires à la poursuite de ses études.
Par la
suite, je détermine les méthodes d'enseignement permettant d’atteindre le niveau taxonomique retenu
dans les compétences. Travail individuel et d’équipe : collecte de
données, analyse des situations, résolution des problèmes, projet, etc. l’étudiant
analyse, discute, évalue, juge et critique. Il finit par créer un rapport lors
de la troisième phase.
Dans une troisième phase, je cherche comment évaluer
l’atteinte de cet apprentissage, toujours en respectant le niveau taxonomique
visée pour les évaluations formatives et sommatives : étude de cas, résolution
des problèmes, projet de fin de session.
Les trois phases, se déroulent en harmonie et favorisent, ensemble, un apprentissage approfondi
(Ramsden, 2004).
Les étudiants font des liens entre les
connaissances, lorsque ces liens forment des structures de connaissance organisés
de manière précise et significative, les étudiants sont en mesure de récupérer
et d'appliquer efficacement leurs savoirs. En revanche, lorsque les connaissances sont liées de
manière inexacte ou aléatoire, les apprenants peuvent échouer à la récupérer ou
à l'appliquer de manière appropriée (Ambrose et al., 2010). Comme le souligne (Marcel, 2010), il est essentiel de parler avec les étudiants et de leur expliciter nos objectifs, les méthodes d’enseignement retenues pour l’atteinte des objectifs, ainsi que les critères d’évaluation. La technique de l’alignement constructiviste et de la qualité des méthodes pédagogiques cohérentes ne garantit pas à elles seule un apprentissage approfondi de l’apprenant. Il est important d’expliciter nos intentions et nos démarches. Pour que l’étudiant sache ce qui se passe (Marcel, 2010).
Références bibliographiques :
Ambrose, S. A., Bridges, M. W., DiPietro,
M., Lovett, M. C. et Norman, M.K. (2010). How learning works. Seven Research-Based. Principles for Smart
Teaching. John Wiley et Sons.
Biggs J. B. (1987). Student
Approaches to Learning and Studying. Hawthorn : Australian Council for
Educational Research.
Gérard, L. (2015) L'alignement pédagogique: un concept clé en pédagogie universitaire.
http://cooperationuniversitaire.blogs.docteo.net/2015/08/25/lalignement-pedagogique-le-concept-cle-en-pedagogie-universitaire/
Marcel (2010). Comprendre
l’apprentissage pour enseigner … J’enseigne oui, mais apprennent-ils? https://clarolineconnect.univ-lyon1.fr/clarolinepdfplayerbundle/pdf/2755.
Poumay, M. (2014). Six leviers
pour améliorer l’apprentissage des étudiants du supérieur », Revue
internationale de pédagogie de l’enseignement supérieur [En ligne],
30-1 | 2014, mis en ligne le 07 avril 2014, consulté le 13 juin 2017.
URL : http://ripes.revues.org/778.
Ramsden, p. (2004). Learning to
Teach in Higher Education (5e éd.). Londres: Routledge Falmer.